alium ursinum, Mathilde Simon

Eviter les confusions de l’ail des ours avant sa floraison

La saison de l’ail des ours démarre tranquillement, et selon l’altitude et l’exposition, vous le trouverez au stade de feuilles encore pendant au moins un mois. Bien que l’on puisse le consommer en fleurs, les feuilles sont meilleures avant la floraison. Cette étape de développement où l’on ne voit que les parties vertes est la plus risquée en terme d’identification : la confusion est possible avec le colchique et le muguet, qui sont toxiques.

Une structure de feuille semblable

Nervures parallèles par transparence, Plantago lanceolata
Nervures parallèles par transparence, Plantago lanceolata

Les feuilles de ces trois plantes sont très similaires : elles sont toutes simples, lancéolées (dont la feuille a l’aspect d’une lance) et à nervures parallèles, comme le plantain. Nous pouvons trouver le plantain dans un tout petit coin de verdure, en ville ou à la campagne ! Cela permet à tout le monde de pouvoir observer en détail les nervures de ces feuilles, et d’intégrer la notion de « nervures parallèles ». Cela vous sera utile lorsque vous partirez en balade à la recherche du muguet, de l’ail des ours et du colchique.

Il peut arriver que ces trois plantes différentes (muguet, ail des ours et colchique) poussent au même endroit et au même moment, surtout pour le muguet et l’ail des ours.

Alors comment procéder?

Il existe bien des différences, fines certes, mais pas impossible à distinguer. Vous verrez sur les représentations en bas de cet article (cliquez dessus pour agrandir), c’est surtout la zone où les feuilles émergent de l’axe principal et la partie souterraine qui permettent d’éclaircir la situation. Si vous avez besoin d’aller jusqu’à déterrer la plante pour observer, pensez à lui redonner une chance si vous ne la consommez pas : remettez-la en terre. Ensuite, à force d’observations, votre œil s’aguerrira et les feuilles seules vous suffiront.

Une différence de souplesse

Difficile de représenter l’aspect rigidité des feuilles au crayon : l’ail des ours a une structure de feuille fragile et très souple, à l’inverse du muguet et du colchique qui sont plus solides et épaisses.

Et d’odeur, mais qui n’est pas si fiable

Evidemment, vous avez l’odeur qui est très caractéristique, mais lorsque vous êtes en cueillette, les mains sont vites recouvertes de jus de la plante. L’odeur d’ail dominera sur les autres, cela pourrait induire une erreur.

Arum maculatum

Une autre confusion est possible avec une toxique : l’arum. Là encore, les erreurs sont fréquentes lors des premiers stades de développement seulement. Dans ce cas il suffit de regarder précisément les nervures de la feuille, qui ne sont pas parallèles chez l’arum.

Lorsque la floraison arrive, les inflorescences sont très différentes pour chacune des plantes, et il est alors plus facile de distinguer ces quatre plantes.

N’oubliez pas de vérifier plus que de raison avant de consommer vos cueillettes, et de ré-observer feuille par feuille si nécessaire (en cas de cueillette effectuée en ramassant plusieurs feuilles à la fois par exemple). Ces critères ne sont pas exhaustifs, et la nature joue parfois des tours en produisant des exceptions! Vous pouvez consulter cet article pour quelques astuces et conseils pour éviter les risques lors de vos cueillettes sauvages en général.

Sessile : feuille, fleur ou fruit qui s’insère directement à l’axe principal. ==>Absence de pétiole. Dans le cas du colchique et du muguet : les feuilles paraissent sessiles.

Pétiole : partie qui relie le limbe à la tige principale. C’est le cas des feuilles d’ail des ours.

Limbe : partie principale, plane et élargie de la feuille. Le limbe est spécialisé dans la photosynthèse, il capte au mieux l’énergie du soleil.

Feuille : limbe + pétiole (ou limbe seulement si la feuille est sessile 😉 )

5 réflexions sur “Eviter les confusions de l’ail des ours avant sa floraison”

  1. le gouz de saint seine

    L’ail des ours, ça fout un peu la frousse… mais j’irais regarder de plus près dans les sous-bois, dans les futaies. Sans consommer, je ne suis pas prêt…
    Merci pour cet article très détaillé. Ca donne envie d’en savoir encore plus. J’attends le reste avec impatience.
    Loule 🙂

  2. Salut Mathilde, trop chouette cette première News letter !
    Je sens que je vais apprendre un milliard de choses !
    Bravo et a bientôt,
    Binette

  3. Sarah Machet Berg

    Merci beaucoup pour tes conseils et ces beaux dessins ! C’est une grande aide ! Et
    ça donne envie de cueillettes ! 🙂

  4. Merci Mathilde! On apprend toujours des choses intéressantes avec tes articles. C’est grâce à tes conseil qu’on a cueilli seuls notre ail des ours cette année. Et on se régale! Au fait, tes illustrations sont belles 👍🏻

  5. Merci Mathilde pour ton article ! En ce moment j’en consomme à chaque repas et n’avais pas pensé à faire attention à cela. Je serais vigilante lors des prochaines cueillettes 🙂

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