Achillea millefolium
Plantes sauvages "du bas de l'immeuble"

Plantes sauvages “du bas de l’immeuble” n°11 : l’achillée millefeuille.

Achillée millefeuille prête pour le séchage

Celle-ci est très commune, de la ville à la montagne, et elle est en fleurs en ce moment. Particulière par l’agencement de son inflorescence, comestible et fameuse pour ses propriétés médicinales. Ces dernières sont d’ailleurs reconnues par l’agence européenne EMA, entre autres autorités réglementaires.

Une plante légendaire

Il s’agit de l’Achillée millefeuille, Achillea millefolium. Une plante à connaître lorsque l’on s’intéresse aux médicinales. “Achillée” vient de Achille, personnage de la mythologie grecque, dont la légende dit qu’il aurait utilisé cette plante pour soigner les plaies de ses soldtats pendant la guerre de Troie. Ses vertus médicinales ont été étudiées et reconnues par la suite, et on l’emploie aujourd’hui pour son action sur la sphère de la circulation sanguine. Elle a, entre autres, de nombreuses applications autour du cycle menstruel chez la femme. Les différentes formes utilisées et les mécanismes d’action sont vus en détails dans la formation plantes sauvages.

L’achillée appartient à la famille des Astéracées

C’est une plante de la famille des Asteracées, dont la silhouette, de loin, ressemble plutôt à la famille des Apiacées. Pour s’assurer de son affiliation aux Asteracées et non aux Apiacées, on observe la structure de l’inflorescence : les tiges qui portent les fleurs (pédoncules), partent à des niveaux différents de la tige principale.

Les Apiacées, au contraire, ont leurs pédoncules (tiges portant les fleurs) qui partent d’un unique point, donnant l’allure des baleines d’un parapluie retourné par le vent :

Inflorescence en ombelle
Inflorescence en ombelle,
caractéristique des Apiacées

L’insertion en ombelle est caractéristique de la famille des Apiacées (anciennement ombellifères). Il est très utile de savoir “ranger” les plantes dans cette famille botanique car elle rassemble des plantes à la fois très intéressantes sur le plan culinaire et médicinal (carotte, fenouil, cerfeuil, berce…), mais aussi des espèces dont la consommation est mortelle (grande et petite cigüe par exemple). En sachant reconnaître cette disposition des fleurs dans l’inflorescence, vous saurez si votre plante est ou non dans cette famille.

Et est comestible

Revenons en donc à notre Achillée, que vous ne confondrez plus avec une Apiacée ;-). Son inflorescence est en fait encore plus subtile, mais nous détaillerons cela au cours d’un autre article. Elle est aussi comestible. L’achillée est aromatique et amère, et est intéressante pour relever certains plats. Elle est très riche en fer, manganèse, potassium, calcium, dont les valeurs contenues dans 100g de plante sèche recouvrent plus de 100% de la Référence Nutritionnelle pour la Population. Ne vous en privez donc pas, en ajoutant de temps en temps tout simplement quelques feuilles à votre salade!

Sources :

Chroniques végétales, Le blob, l’extra-média.

https://www.cerin.org/rapports/reference-nutritionnelle-population-intervalle-de-reference-apport-satisfaisant/

-Alberski, J., Grzegorczyk, S., Kozikowski, A. & Olszewska, M. Habitat occurrence and nutrition value of Achillea millefolium L. in grasslands. J. Elementology 14, 2009.

plantago lanceolata
Plantes sauvages "du bas de l'immeuble"

Plantes sauvages “du bas de l’immeuble” n°10 : le plantain lancéolé.

Celle-ci est connue de toutes et tous, au moins par son nom : le plantain. Le plantain lancéolé est une des “basiques” que j’apprécie particulièrement, avec l’ortie et le pissenlit. Je mélange habituellement le plantain lancéolé au potage avec les orties. Une base de pommes de terre, oignons et carottes revenu(e)s dans de l’huile d’olive, et quelques épices, le tout à dorer. Ensuite, j’ajoute l’eau, puis le plantain et les orties. Il en résulte une soupe onctueuse, légère, pleine de vitamines et minéraux, au délicieux goût de champignons. Les feuilles sont plus tendres jeunes, au printemps.

Plantago lanceolata
Inflorescences de Plantago lanceolata

Il existe de nombreux plantains différents en France, ils appartiennent à la famille des Plantaginacées. Aujourd’hui je parle du plantain lancéolé (plantago lanceolata) car, selon moi, c’est le plus intéressant au goût, et il possède aussi des propriétés médicinales importantes. Son nom lui vient de la forme de ses feuilles, qui ressemblent à une lance. La feuille présente des nervures parallèles, qui lui valent son nom commun d'”herbe à 5 côtes”. Des hampes florales partent du centre de la plante, et permettent d’élancer les épis de fleurs vers le ciel (et les pollinisateurs). La partie visible lors de la floraison sont les étamines blanchâtres. (étamines : partie mâle de la fleur, responsable de la production de pollen).

On utilise donc ses feuilles, cuites ou crues, les inflorescences et les graines sont comestibles aussi. Il existe de nombreuses manières de le déguster. En pesto, en salade, à la poêle, en potage… Il contient des minéraux comme le manganèse, magnésium, cuivre, et des vitamines (pro-A, B2 B3, C, E, K).

plantago lanceolata
Plantago lanceolata

Pour la partie médicinale, le plantain lancéolé est inscrit à la pharmacopée européenne, comme la mauve sylvestre que nous avons vue précédemment. Ses propriétés anti-inflammatoires ne sont plus à démontrer : à la fois par une voie mécanique via les mucilages, qui agissent par contact, et aussi par une voie biochimique en agissant sur la réponse inflammatoire. Il est aussi intéressant pour son activité anti-allergique et antiseptique. On peut l’utiliser selon le besoin, en alcoolature, macération huileuse, cataplasme…

En résumé, une plante commune, facile à trouver et à utiliser, dont il serait dommage de se priver!

Sources :

-Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées, François Couplan, Broché, 2011

https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-report/final-assessment-report-plantago-lanceolata-l-folium_en.pdf

-Guil-Guerrero, J. L. (2001). Nutritional composition of Plantago species (P. major L., P. lanceolata L., and P. media L.). Ecology of food and nutrition, 40(5), 481-495.

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier, Omnibus

https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-49948-synthese

Nazarizadeh, A., Mikaili, P., Moloudizargari, M., Aghajanshakeri, S., & Javaherypour, S. (2013). Therapeutic uses and pharmacological properties of Plantago major L. and its active constituents. J Basic Appl Sci Res, 3(9), 212-221.

Borago officinalis
Plantes sauvages "du bas de l'immeuble"

Plantes sauvages “du bas de l’immeuble” n°9! C’est bel et bien de la bourrache.

Abeille sur bourrache, Photo de O. Du Suau

Un peu plus de délai sépare cet article depuis le dernier en date, la préparation des sorties m’occupe bien en ce moment 😉

Mais la voici, la magnifique étoilée n°9 ! Connue pour le goût iodé de ses fleurs et l’utilisation de son huile en cosmétique et soin de la peau.

Elle appartient à la famille des boraginacées, comme le myosotis et la consoude. Un des caractères communs de cette famille est l’inflorescence dite scorpioïde, c’est à dire que la disposition des fleurs ressemble à la queue du scorpion :

La bourrache est comestible mais en petite quantité, les fleurs se mangent cruent, et ont un goût iodé, elle est parfois appelée “huître végétale”. Les feuilles se consomment cuitent. La plante contient des alcaloïdes qui peuvent êtres toxiques pour le foie.

La bourrache, Borago officinalis, est plutôt reconnue et utilisée aujourd’hui pour son huile, obtenue à partir des graines. Ces semences contiennent des acides gras essentiels (non synthétisés par notre organisme, et qui doivent donc êtres apportés par l’extérieur) et des anti-oxydants, notamment.

Si vous observez de près la bourrache, vous pourrez apercevoir que les abeilles ne sont pas les seules à cohabiter avec cette plante mellifère, mais que les fourmis sont aussi de la partie. Les fourmis raffolent des graines de bourrache, et viennent les chercher et les transportent jusqu’à leur fourmilère. Ce mode de diffusion spécifique qui fait intervenir les fourmis pour disperser les graines est appelé myrmécochorie.

Fourmis et bourrache
Fourmis et bourrache

Sources :

-La Bourrache, une étoile au jardin de Bernard Bertrand

-Université Pierre et Marie Curie : http://abiris.snv.jussieu.fr/flore/herbier.php

-Les huiles végétales, de Chantal et Lionel Clergeaud

Plantes sauvages "du bas de l'immeuble"

Plantes sauvages “du bas de l’immeuble” n°8 : La nielle des blés

Surprenante rencontre !

J’ai été très surprise de la voir celle-ci!! Toujours dans le même secteur de un kilomètre carré, en plein Grenoble. C’est une espèce rare, en régression à l’échelle nationale et protégée par des arrêtés dans certaines régions (Limousin, Alsace) depuis les années 90 en France. Il y a une raison bien particulière à sa raréfaction, et nous allons en parler.

Nielle des blés, Agrostemma githago

Il s’agit de la Nielle des blés, Agrostemma githago. C’est une plante messicole.

Qu’est-ce qu’une messicole?

L’étymologie latine de messicole signifie “qui habite les moissons”. Plus précisément, les messicoles sont des adventices des moissons, c’est-à-dire qu’elles poussent dans des cultures sans y avoir été semées. Le développement de ces plantes dépend partiellement ou totalement des pratiques agricoles, elles ne s’épanouissent que difficilement (ou pas du tout) en dehors des champs de céréales. Les messicoles sont souvent des indésirables et c’est le cas particulier de la nielle, car ses semences sont toxiques et contaminent les grains récoltés. Les cas d’empoisonnement avec du pain fait de farine contenant des grains de nielle remontent aux années 1800.

Pourquoi les messicoles sont devenues rares?

Les pratiques agricoles actuelles tendent à se débarrasser des messicoles, pour des questions de rendement notamment : les pesticides, le tri des semences, la modification du travail du sol permettent d’obtenir un champ sans adventice. La plupart des messicoles sont donc devenues rares par définition. Voici quelques exemples de messicoles : le bleuet (Centaurea cyanus), le coquelicot (Papaver rhoeas), les adonis (Adonis microcarpa). Le cas de la nielle est particulier puisque sa présence rend les récoltes impropres à la consommation. Cette situation n’est pas générale, et il existe de nombreux intérêts à préserver les messicoles. Ces dernières peuvent êtres bénéfiques pour la production de céréales. Par exemple, dans le cas de pratiques de cultures agroécologiques, les messicoles peuvent êtres un appui aux auxiliaires, et peuvent participer au “service” de pollinisation de manière indirecte.

Auxiliaires : organismes vivants introduits dans des cultures contaminées par d’autres organismes dont ils sont des prédateurs naturels. Ces auxiliaires de culture sont lâchés par l’homme pour débarrasser les plantes des indésirables, mais aussi pour polliniser les fleurs ou améliorer les sols. Cette pratique est appelée « lutte intégrée »ou “lutte biologique”.

Pour aller plus loin :

https://messicoles.org/wakka.php?wiki=AcCueil et osaé, plateforme d’échanges pour la mise en pratique d’agroécologie.

Crédit photos : O. Du Suau

Sources :

-Dictionnaire de botnaique, Bernard Boullard

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier

Tela Botanica

Osaé : plateforme d’échanges pour la mise en pratique d’agroécologie.

https://dicoagroecologie.fr/encyclopedie/auxiliaires-des-cultures/

Mauve sylvestre, mauve sauvage
Plantes sauvages "du bas de l'immeuble"

Plantes Sauvages du “bas de l’immeuble” n°7 : la mauve sylvestre

La mauve, la douceur incarnée!

Nombreuses étamines soudées autour du style (“plumeau”)
Crédit photo : O. Du Suau

C’est au tour de la mauve sylvestre, (mauve des bois ou encore mauve sauvage), Malva sylvestris, d’être mise en avant! Une plante que j’affectionne particulièrement pour sa douceur, notamment. La mauve appartient à la famille des Malvaceae, qui regroupe entre autres les hibiscus et la guimauve. Vous verrez en vous penchant sur la structure de la fleur de nombreuses similitudes entre ces dernières. Par exemple, les étamines en “plumeau” au centre de la fleur.

  • Etamine : partie mâle de la fleur, responsable de la production de pollen
  • Style : partie qui relie les ovaires au stigmate.
  • Stigmate : extrémité du pistil qui recueille le pollen.
Schéma représentant anatomie de la fleur
Coupe schématique d’une fleur

Douce et intégralement comestible!

Fruits de Malva sylvestris : fromageons
Fruits de Malva sylvestris : fromageons

La mauve est entièrement comestible. Elle a été cultivée comme potagère du temps de Cicéron, et on retrouve tout au long de l’histoire des utilisations diverses et variées en phytothérapie. J’utilise personnellement les feuilles pour épaissir certains potages : elle a un effet similaire à la courgette en terme de texture dans cette préparation. Les fleurs peuvent êtres décoratrices, et les petits fruits appelés fromageons peuvent êtres mangés tels quels ou ajoutés à des recettes plus élaborées.

Feuilles Malva sylvestris
Feuilles de Malva sylvestris

En phytothérapie : aujourd’hui, on sait que c’est grâce à sa teneur en mucilages que la mauve agit sur les muqueuses. Les feuilles et les fleurs ont les mêmes utilisations et indications, ces deux parties ont chacune une monographie à la commission E, et à la pharmacopée européenne. Les fleurs entrent dans la composition de tisanes qui apaisent les muqueuses de la gorge, par exemple. La mauve peut être intéressante dans de nombreuses affections des muqueuses du système digestif. Nous voyons ces utilisations précises en formation.

Mucilages : production végétale à base de glucides très divers susceptible de gonfler au contact de l’eau.

Crédit photo : O. Du Suau

Sources :

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier.

-Monographie de la Comission E : https://buecher.heilpflanzen-welt.de/BGA-Commission-E-Monographs/0241.htm

-Monographie de la Comission E : https://buecher.heilpflanzen-welt.de/BGA-Commission-E-Monographs/0240.htm

-Dictionnaire de Botanique de Bernard Boullard