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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°8 : La nielle des blés

J’ai été très surprise de la voir celle-ci!! Toujours dans le même secteur de un kilomètre carré, en plein Grenoble. C’est une espèce rare, en régression à l’échelle nationale et protégée par des arrêtés dans certaines régions (Limousin, Alsace) depuis les années 90 en France. Il y a une raison bien particulière à sa raréfaction, et nous allons en parler.

Nielle des blés, Agrostemma githago

Il s’agit de la Nielle des blés, Agrostemma githago. C’est une plante messicole, dont l’étymologie latine signifie « qui habite les moissons ». Plus précisément, les messicoles sont des adventices des moissons, c’est-à-dire qu’elles poussent dans des cultures sans y avoir été semées. Le développement de ces plantes dépend partiellement ou totalement des pratiques agricoles, elles ne s’épanouissent que difficilement (ou pas du tout) en dehors des champs de céréales. Les messicoles sont souvent des indésirables et c’est le cas particulier de la nielle, car ses semences sont toxiques et contaminent les grains récoltés. Les cas d’empoisonnement avec du pain fait de farine contenant des grains de nielle remontent aux années 1800.

Les pratiques agricoles actuelles tendent à se débarrasser des messicoles, pour des questions de rendement notamment : les pesticides, le tri des semences, la modification du travail du sol permettent d’obtenir un champ sans adventice. La plupart des messicoles sont donc devenues rares par définition. Voici quelques exemples de messicoles : le bleuet (Centaurea cyanus), le coquelicot (Papaver rhoeas), les adonis (Adonis microcarpa). Le cas de la nielle est particulier puisque sa présence rend les récoltes impropres à la consommation. Cette situation n’est pas générale, et il existe de nombreux intérêts à préserver les messicoles. Ces dernières peuvent êtres bénéfiques pour la production de céréales. Par exemple, dans le cas de pratiques de cultures agroécologiques, les messicoles peuvent êtres un appui aux auxiliaires, et peuvent participer au « service » de pollinisation de manière indirecte.

Auxiliaires : organismes vivants introduits dans des cultures contaminées par d’autres organismes dont ils sont des prédateurs naturels. Ces auxiliaires de culture sont lâchés par l’homme pour débarrasser les plantes des indésirables, mais aussi pour polliniser les fleurs ou améliorer les sols. Cette pratique est appelée « lutte intégrée »ou « lutte biologique ».

Pour aller plus loin :

https://messicoles.org/wakka.php?wiki=AcCueil et osaé, plateforme d’échanges pour la mise en pratique d’agroécologie.

Crédit photos : O. Du Suau

Sources :

-Dictionnaire de botnaique, Bernard Boullard

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier

Tela Botanica

Osaé : plateforme d’échanges pour la mise en pratique d’agroécologie.

https://dicoagroecologie.fr/encyclopedie/auxiliaires-des-cultures/

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