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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°9! C’est bel et bien de la bourrache.

Abeille sur bourrache, Photo de O. Du Suau

Un peu plus de délai sépare cet article depuis le dernier en date, la préparation des sorties m’occupe bien en ce moment 😉

Mais la voici, la magnifique étoilée n°9 ! Connue pour le goût iodé de ses fleurs et l’utilisation de son huile en cosmétique et soin de la peau.

Elle appartient à la famille des boraginacées, comme le myosotis et la consoude. Un des caractères communs de cette famille est l’inflorescence dite scorpioïde, c’est à dire que la disposition des fleurs ressemble à la queue du scorpion :

La bourrache est comestible mais en petite quantité, les fleurs se mangent cruent, et ont un goût iodé, elle est parfois appelée « huître végétale ». Les feuilles se consomment cuitent. La plante contient des alcaloïdes qui peuvent êtres toxiques pour le foie.

La bourrache, Borago officinalis, est plutôt reconnue et utilisée aujourd’hui pour son huile, obtenue à partir des graines. Ces semences contiennent des acides gras essentiels (non synthétisés par notre organisme, et qui doivent donc êtres apportés par l’extérieur) et des anti-oxydants, notamment.

Si vous observez de près la bourrache, vous pourrez apercevoir que les abeilles ne sont pas les seules à cohabiter avec cette plante mellifère, mais que les fourmis sont aussi de la partie. Les fourmis raffolent des graines de bourrache, et viennent les chercher et les transportent jusqu’à leur fourmilère. Ce mode de diffusion spécifique qui fait intervenir les fourmis pour disperser les graines est appelé myrmécochorie.

Fourmis et bourrache
Fourmis et bourrache

Sources :

-La Bourrache, une étoile au jardin de Bernard Bertrand

-Université Pierre et Marie Curie : http://abiris.snv.jussieu.fr/flore/herbier.php

-Les huiles végétales, de Chantal et Lionel Clergeaud

Gaillet commun, Galium mollugo
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Reprise des sorties :-)

Bonne nouvelle!

A partir de lundi 11 mai, les sorties reprennent. En revanche, je ne prendrai que 5 personnes avec moi, afin de pouvoir respecter les règles sanitaires et que chacun(e) puisse m’entendre, et voir les plantes que je présenterai. Le port du masque est recommandé pour venir à mes sorties.

Nous aborderons les plantes sauvages qui jonchent la marche : comestibles et/ou médicinales, toxiques et autres. Je ne traite pas les ornementales.

Lien vers la page descriptive des sorties : ici

Les dates à venir pour la Bastille :

  • 13 mai de 17h30 à 19h30 : annulée météo
  • 18 mai de 17h30 à 19h30 : complet
  • 25 mai de 18h00 à 20h00 : complet
  • 4 juin de 18h00 à 20h00
  • 11 juin de 18h00 à 20h00

Sur le campus :

  • 28 mai de 8h30 à 10h30 : complet
  • 3 juin 18h00 à 20h00
  • 16 juin de 8h30 à 10h30

Des dates et/ou horaires seront ajoutées en fonction des demandes.

Inscriptions obligatoires à lechosauvage@gmail.com.

Tarif : 20E par personne.

Départ devant la casemate pour les sorties Bastille; pour le campus lieu de rendez-vous à venir. Annulation/report si orage et forte pluie. N’hésitez pas à noter mon numéro si besoin : 06 13 41 89 77.

Des sorties en Chartreuse, départ au Sappey, sont également prévues, en juin et en juillet. Ces sorties sont ouvertes à 8 personnes, il y a plus d’espace et moins de monde qu’à la Bastille ou sur le campus. 30E les 3 heures. Cueillette possible.

  • 10 juin 9h-12h
  • 21 juin : complet
  • 5 juillet 9h-12h
  • 18 juillet 9h-12h
  • 19 juillet 9h-12h
  • Informations supplémentaires ici.

J’ai hâte de vous retrouver et de partager avec vous ! Je suis à votre disposition pour les questions !

Crédits photo : Olivier Du Suau

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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°8 : La nielle des blés

J’ai été très surprise de la voir celle-ci!! Toujours dans le même secteur de un kilomètre carré, en plein Grenoble. C’est une espèce rare, en régression à l’échelle nationale et protégée par des arrêtés dans certaines régions (Limousin, Alsace) depuis les années 90 en France. Il y a une raison bien particulière à sa raréfaction, et nous allons en parler.

Nielle des blés, Agrostemma githago

Il s’agit de la Nielle des blés, Agrostemma githago. C’est une plante messicole, dont l’étymologie latine signifie « qui habite les moissons ». Plus précisément, les messicoles sont des adventices des moissons, c’est-à-dire qu’elles poussent dans des cultures sans y avoir été semées. Le développement de ces plantes dépend partiellement ou totalement des pratiques agricoles, elles ne s’épanouissent que difficilement (ou pas du tout) en dehors des champs de céréales. Les messicoles sont souvent des indésirables et c’est le cas particulier de la nielle, car ses semences sont toxiques et contaminent les grains récoltés. Les cas d’empoisonnement avec du pain fait de farine contenant des grains de nielle remontent aux années 1800.

Les pratiques agricoles actuelles tendent à se débarrasser des messicoles, pour des questions de rendement notamment : les pesticides, le tri des semences, la modification du travail du sol permettent d’obtenir un champ sans adventice. La plupart des messicoles sont donc devenues rares par définition. Voici quelques exemples de messicoles : le bleuet (Centaurea cyanus), le coquelicot (Papaver rhoeas), les adonis (Adonis microcarpa). Le cas de la nielle est particulier puisque sa présence rend les récoltes impropres à la consommation. Cette situation n’est pas générale, et il existe de nombreux intérêts à préserver les messicoles. Ces dernières peuvent êtres bénéfiques pour la production de céréales. Par exemple, dans le cas de pratiques de cultures agroécologiques, les messicoles peuvent êtres un appui aux auxiliaires, et peuvent participer au « service » de pollinisation de manière indirecte.

Auxiliaires : organismes vivants introduits dans des cultures contaminées par d’autres organismes dont ils sont des prédateurs naturels. Ces auxiliaires de culture sont lâchés par l’homme pour débarrasser les plantes des indésirables, mais aussi pour polliniser les fleurs ou améliorer les sols. Cette pratique est appelée « lutte intégrée »ou « lutte biologique ».

Pour aller plus loin :

https://messicoles.org/wakka.php?wiki=AcCueil et osaé, plateforme d’échanges pour la mise en pratique d’agroécologie.

Crédit photos : O. Du Suau

Sources :

-Dictionnaire de botnaique, Bernard Boullard

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier

Tela Botanica

Osaé : plateforme d’échanges pour la mise en pratique d’agroécologie.

https://dicoagroecologie.fr/encyclopedie/auxiliaires-des-cultures/

Mauve sylvestre, mauve sauvage
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Plantes Sauvages du « bas de l’immeuble » n°7 : la mauve sylvestre

Nombreuses étamines soudées autour du style (« plumeau »)
Crédit photo : O. Du Suau

C’est au tour de la mauve sylvestre, (mauve des bois ou encore mauve sauvage), Malva sylvestris, d’être mise en avant! Une plante que j’affectionne particulièrement pour sa douceur, notamment. La mauve appartient à la famille des Malvaceae, qui regroupe entre autres les hibiscus et la guimauve. Vous verrez en vous penchant sur la structure de la fleur de nombreuses similitudes entre ces dernières. Par exemple, les étamines en « plumeau » au centre de la fleur.

  • Etamine : partie mâle de la fleur, responsable de la production de pollen
  • Style : partie qui relie les ovaires au stigmate.
  • Stigmate : extrémité du pistil qui recueille le pollen.
Schéma représentant anatomie de la fleur
Coupe schématique d’une fleur
Fruits de Malva sylvestris : fromageons
Fruits de Malva sylvestris : fromageons

La mauve est entièrement comestible. Elle a été cultivée comme potagère du temps de Cicéron, et on retrouve tout au long de l’histoire des utilisations diverses et variées en phytothérapie. J’utilise personnellement les feuilles pour épaissir certains potages : elle a un effet similaire à la courgette en terme de texture dans cette préparation. Les fleurs peuvent êtres décoratrices, et les petits fruits appelés fromageons peuvent êtres mangés tels quels ou ajoutés à des recettes plus élaborées.

Feuilles Malva sylvestris
Feuilles de Malva sylvestris

En phytothérapie : aujourd’hui, on sait que c’est grâce à sa teneur en mucilages que la mauve agit sur les muqueuses. Les feuilles et les fleurs ont les mêmes utilisations et indications, ces deux parties ont chacune une monographie à la commission E, et à la pharmacopée européenne. Les fleurs entrent dans la composition de tisanes qui apaisent les muqueuses de la gorge, par exemple. La mauve peut être intéressante dans de nombreuses affections des muqueuses du système digestif. Nous voyons ces utilisations précises en formation.

Mucilages : production végétale à base de glucides très divers susceptible de gonfler au contact de l’eau.

Crédit photo : O. Du Suau

Sources :

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier.

-Monographie de la Comission E : https://buecher.heilpflanzen-welt.de/BGA-Commission-E-Monographs/0241.htm

-Monographie de la Comission E : https://buecher.heilpflanzen-welt.de/BGA-Commission-E-Monographs/0240.htm

-Dictionnaire de Botanique de Bernard Boullard

lierre terrestre
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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°6 : le lierre terrestre.

Lierre terrestre – Glechoma hederacea

Et voici une aromatique, utilisée pour parfumer de nombreuses recettes! Très abondante dans les pelouses fraîches et les sous-bois, il s’agit du lierre terrestre.

lierre terrestre stolons
Stolons du lierre terrestre, photo P. Goujon

Glechoma est formé du grec Glêkhôn qui désignait la menthe pouliot, et Hederacea de Hedera « Lierre grimpant ». Néanmoins, la seule similitude que l’on peut observer entre ces deux « Lierres » est leur attitude rampante. Le lierre terrestre possède des stolons : du latin stolo qui signifie rejeton. Cette étymologie exprime clairement le rôle du stolon, tige rampante capable de parcourir le sol jusqu’à donner un nouvel individu. Les stolons permettent ainsi la multiplication du lierre terrestre. On connaît bien en général les stolons des fraisiers.

Le lierre terrestre appartient à la grande famille des lamiacées, anciennement appelée labiées. Cette famille regroupe de nombreuses aromatiques que nous utilisons habituellement en cuisine : romarin, thym, sarriette, sauge… Il en présente les caractéristiques générales : tige carrée, feuilles souvent simples et opposées deux à deux, et fleurs zygomorphes (symétrie de la fleur non axiale, dans ce cas la fleur présente une symétrie bilatérale).

Le lierre terrestre est très intéressant en cuisine par son côté aromatique. Il est utilisé comme condiment, et apporte un parfum proche d’un mélange entre la menthe et le citron, avec une légère amertume. Les fleurs peuvent agrémenter vos salades, vos fromages frais, vos assiettes pour la décoration. Les feuilles ont un goût puissant : elles peuvent parfumer des desserts, crèmes, sauces… Les feuilles fraîches ciselées peuvent êtres ajoutées à de nombreux plats, parcimonieusement, à la manière du persil par exemple. La cuisson fait perdre la majeure partie de l’arôme du lierre terrestre.

Le lierre terrestre est utilisé en phytothérapie, notamment pour les affections bronchiques et respiratoires. L’utilisation en phytothérapie est vue en formation spécifique.

Sources :

Tela Botanica

-Dictionnaire de botanique, Bernard Boullard, édition ellipses.

-Cuisine Sauvage, François Couplan, édition Sang de la terre.

-Dictionnaire des Plantes Médicinales et Vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier, édition Omnibus.

Pimprenelle
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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°5 : la petite pimprenelle.

Celle-ci a fait partie de la petite sélection de plantes que j’ai présentées lors de la conférence « salades sauvages » du cycle à votre santé à la MNEI le 27 février dernier! Elle était en rosette en février, la voici qui monte en fleurs!

Inflorescence de la petite pimprenelle. Photo : P. Goujon

La petite pimprenelle (Sanguisorba minor), est appelée aussi pimprenelle sanguisorbe ou petite sanguisorbe. Elle appartient à la famille des Rosacées. Son nom latin vient de sanguis (sang) et sorbere (absorber). On lui reconnait en effet la capacité de faire cesser les hémorragies depuis l’Antiquité.

Cette propriété est due notamment aux tanins, molécules ayant un effet astringent sur les tissus. Cette classe de principes actifs et leurs mécanismes d’action sont vus en formation.

Les pimprenelles sont comestibles et ont un goût de concombre, les feuilles peuvent agrémenter tout simplement vos salades!

Rosette : disposition particulière des feuilles, toutes insérées de manière rayonnante au niveau du collet. Nous avons vu cet agencement pour la chélidoine et la doucette !

Collet : zone de transition entre la partie racinaire et la partie supérieure d’un végétal.

Références

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier.

Herbier de l’Université Pierre et Marie Curie de Paris.

Doucette en fleurs
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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°4 : la doucette ou mâche sauvage.

Tige à division dichotomique de la doucette.

C’est de cette espèce que sont issues les variétés cultivées de mâche que nous connaissons bien. Le nom latin de la doucette est Valerianella locusta. Elle appartient à la famille des Caprifoliaceae, anciennement Valerianaceae. Les feuilles sont simples, ovales et non pétiolées. Elle se développe dans un premier temps en rosette, (comme la chélidoine) puis monte en fleurs, en élançant ses tiges qui se divisent de manière dichotomique (axe d’un végétal qui bifurque en ramifications d’importance équivalente)

La doucette, comme son nom l’indique, est très douce et n’a pas d’amertume ou de fibres difficiles à digérer. Ces particularités permettent de la consommer aussi bien au stade de développement dit en rosette (stade que j’appelle plus communément « en salade ») qu’en pleine floraison. La mâche sauvage est comestible crue et cuite.

De gauche à droite : inflorescence de mâche sauvage, en rosette et zoom sur les fleurs (dernière photo de P. Goujon).

Sources:

-Flore de Jeanne Covillot

-Dictionnaire de botanique de Bernard Boullard

chélidoine
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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°3 : la chélidoine

Cette plante vit au pied des murs, sur les trottoirs, mais aussi dans les rocailles et les décombres. Elle avoisinne presque toujours les habitations. Bien connue pour une utilisation particulière dont nous parlons juste en dessous!

La chélidoine, Chelidonium majus appartient à la famille des Papaveracées, comme la fumeterre. Chélidoine provient du grec Chelidôn, qui signifie « hirondelle », les anciens appelaient de nombreuses plantes Chelidonium qui poussaient ou qui fleurissaient à l’arrivée des hirondelles.

latex jaune orangé de la chélidoine
Suc jaune orangé de la chélidoine

La chélidoine est surtout connue pour l’utilisation de son suc sur les verrues. Le docteur H. Leclerc rapporte que « le latex récemment exprimé, constitue un traitement très efficace des formations papillaires bégnines (verrues, cors et durillons) : je me suis débarrassé rapidement de plusieurs verrues qui avaient résisté à d’autres traitements, en badigeonnant trois fois par jour de ce latex ».

La chélidoine contient de nombreux alcaloïdes, substances pharmacologiquement très actives et qui sont donc souvent toxiques. La chélidoine a montré diverses effets nocifs : hépatotoxicité (toxique pour le foie), phototoxicité (rend la peau sensible au soleil) en sont des exemples. Des extraits de chélidoine montrent aussi des activités antivirales, antibactériennes, antifongiques. La chélidoine pourrait aussi agir de manière intéressante sur le foie dans certaines situations.

L’utilisation de la chélidoine pour d’autres traitements que les verrues semble possible mais nécessite des études supplémentaires, ainsi que la consultation d’un professionnel de santé. Les détails des mécanismes d’action et les possibles posologies sont vues en formation spécifique.

La chélidoine n’est donc pas comestible.

chélidoine en rosette
Chélidoine en rosette (feuilles étalées en cercle près du sol), avant la montée en fleurs.

-Références:

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier.

-Chelidonium majus – an Integrative Review: Traditional Knowledge versus Modern Findings. Gilca et al., Research in complementary medecine, 2010. -Crijns AP et al., Acute hepatitis after use of a herbal preparation with greater celandine (Chelidonium majus). 2002 -Kaminsky V et al., Correlation of the cytotoxic activity of four different alkaloids, from Chelidonium majus (greater celandine), with their DNA intercalating properties and ability to induce breaks in the DNA of NK/Ly murine lymphoma cells. Cent Eur J Biol 2006;1(1):2–15. -Dzink JL et al., Comparative in vitro activity of sanguinarine against oral microbial isolates. Antimicrobial Agents Chemotherapy 1985;27(4): 663–665. Bark KM et al., Evaluation of the phototoxic potential of plants used in oriental medicine. J. Ethnopharmacology 2010;127(1):11–18.
-Matos OC et al., Sensitivity of Fusarium starins to Chelidonium majus L. extracts. J Ethnopharmacology 1999;66(2): 151–158.
-Parvu M, Parvu AE, Cranium C, Barbu-Tudoran L, Tamas M: Antifungal activities of Chelidonium majus extract on Botrytis cinerea in vitro and ultrastructural changes in its conidia. J Phytopathology 2008;156(9):550–552.
-Meng F et al., Antifungal activity of the benzo[c]phenanthridine alkaloids from Chelidonium majus Linn against resistant clinical yeast isolates. Journal of Ehnopharmacology 2009;125(3):494–496.

cymbalaire
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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°2 : la cymbalaire des murailles

Pour continuer à s’enrichir pendant ce confinement, je propose de se pencher sur les plantes sauvages qui se trouvent dans le kilomètre autorisé. Comme les agents d’entretien des espaces verts sont absents, nous allons pouvoir observer la montée en fleurs de nombreuses plantes qui nous entourent, qui jusque là étaient fauchées avant leur floraison.

J’appelle « sauvages » les plantes non ornementales et non volontairement apportées par l’homme.

La cymbalaire des murs, doit son nom à la forme de ses feuilles : cymbalaire vient du latin cymba qui signifie barque, canot ou encore nacelle. Le centre des feuilles concave leur a valu ce nom. Cette forme est aussi celle de la cymbale, instrument de musique qui doit également son nom à cette aspect.

Discrète et délicate, cette petite plante est aussi appelée ruine de Rome car elle aurait été importée en France en provenance d’Italie au XVe siècle. Elle s’est ensuite naturellement reproduite et propagée. Elle est à présent naturalisée et on la retrouve à travers toute la France.

Les fruits orientés vers le mur

La cymbalaire est une spécialiste de son milieu : les infractuosités des murs. Elle colonise les surfaces verticales grâce à ses tiges grêles rampantes, à partir desquelles la plante peut de nouveau s’enraciner. Cymbalaria muralis présente une autre caractéristique liée à son habitat : ses fleurs sont orientées vers le soleil, puis après fructification, les pédoncules (tiges qui portent les fleurs) s’orientent vers le mur, à l’opposé. Les fruits se retrouvent ainsi accolés à la paroi et les graines sont déposées sur le mur.

Cymbalaria muralis

Les feuilles de cymbalaire sont comestibles.

Nous en resterons à l’identification si nous sommes en ville, car les sources de pollution sont nombreuses et les plantes sont donc souvent impropres à la consommation.

Références:

Tela botanica

-Clé d’identification illustrée des plantes sauvages de nos régions, Jeanne Covillot.

Dictionnaire latin

Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN)

alium ursinum
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Reconnaissance de l’ail des ours avant la floraison

La saison de l’ail des ours a démarré déjà depuis quelques temps, mais selon l’altitude et l’exposition, il est toujours au stade de feuilles. Ce dernier est le plus risqué en terme d’identification : la confusion est possible avec le colchique et le muguet, qui sont toxiques.

Feuille de plantain lancéolé, à nervures parallèles.
Photo P. Goujon

Les feuilles de ces trois plantes sont très similaires : elles sont toutes : simples, lancéolées à nervures parallèles, comme le plantain. Nous pouvons trouver le plantain dans un tout petit coin de verdure, même dans ces conditions de confinement! Vous pourrez regarder en détail les nervures des feuilles, en attendant de pouvoir accéder au muguet, à l’ail des ours et au colchique.

Il peut arriver que ces trois différentes plantes (muguet, ail des ours et colchique) poussent au même endroit et au même moment.

Il existe bien des différences, fines certes, mais pas impossible à distinguer. Vous verrez sur les représentations en bas de cet article (cliquez dessus pour agrandir), c’est surtout la zone où les feuilles émergent de l’axe principal et la partie souterraine qui permettent d’éclaircir la situation. Si vous avez besoin d’aller jusqu’à déterrer la plante pour observer, pensez à lui redonner une chance si vous ne la consommez pas : remettez-la en terre. Ensuite, à force d’observations, votre œil s’aguerrira et les feuilles seules vous suffiront.

Difficile de représenter l’aspect rigidité des feuilles au crayon : l’ail des ours a une structure de feuille fragile et très souple, à l’inverse du muguet et du colchique qui sont plus solides et épaisses.

Evidemment, vous avez l’odeur qui est très caractéristique, mais lorsque vous êtes en cueillette, les mains sont vites recouvertes de jus de la plante. L’odeur d’ail dominera sur les autres, cela pourrait induire une erreur.

Arum maculatum

Une autre confusion est possible avec une toxique : l’arum. Là encore, les erreurs sont fréquentes lors des premiers stades de développement seulement. Dans ce cas il suffit de regarder précisément les nervures de la feuille, qui ne sont pas parallèles chez l’arum.

Lorsque la floraison arrive, les inflorescences sont très différentes pour chacune des plantes, et il est alors plus facile de distinguer ces quatre plantes.

N’oubliez pas de vérifier plus que de raison avant de consommer vos cueillettes, et de ré-observer feuille par feuille si nécessaire (en cas de cueillette effectuée en ramassant plusieurs feuilles à la fois par exemple). Ces critères ne sont pas exhaustifs, et la nature joue parfois des tours en produisant des exceptions!

Sessile : feuille, fleur ou fruit qui s’insère directement à l’axe principal. ==>Absence de pétiole. Dans le cas du colchique et du muguet : les feuilles paraissent sessiles.

Pétiole : partie qui relie le limbe à la tige principale. C’est le cas des feuilles d’ail des ours.

Limbe : partie principale, plane et élargie de la feuille. Le limbe est spécialisé dans la photosynthèse, il capte au mieux l’énergie du soleil.

Feuille : limbe + pétiole (ou limbe seulement si la feuille est sessile 😉 )