Cynorrhodons, Rosa canina
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L’automne est là, avec ses multiples fruits sauvages et ses semences à distribuer

L’automne, c’est la fin du cycle des plantes, pour la grande majorité d’entre elles. Ces dernières ont fleuri pendant tout l’été, ont été pollinisées et leurs ovules fécondés pour donner des embryons contenus dans les graines. La suite de l’histoire, c’est la propagation de ces embryons dans leur environnement pour perpétuer l’espèce.

Comment les plantes s’y prennent-elles pour cette dissémination? Comment font-elles face à leur immobilité ? Avec l’aide de pas mal de monde!

En « surfant » avec le vent…

Akènes du pissenlit en vol

Certaines utilisent la force du vent, comme le pissenlit, bien connu pour cela : qui n’a pas soufflé sur un capitule de pissenlit en graines pour voir s’envoler les « mini parachutes » ? Très poétique, mais aussi très ingénieux.

Vortex généré par la graine de pissenlit. Nature 2018
Vortex généré par la graine de pissenlit.

Accrochée à son « parachute » appelé pappus, la graine de pissenlit peut parcourir au bas mot des dizaines de kilomètres. Une équipe de chercheurs (Nakayama et al., Nature 2018) a étudié en détail le fonctionnement de cette structure, et il s’avère que l’architecture du pappus permet la formation d’un vortex au-dessus de ce dernier. Ce qui va freiner la chute de la graine et permettre sa progression sur une longue distance.

… ou en covoiturage

Un peu moins poétique mais pas moins astucieux, il existe un second moyen de dissémination qui va nous impacter plus directement : le développement du fruit charnu.

Fruits aubépine
Fruits d’aubépine (cenelles)

Dans ce cas, les fleurs fécondées, vont donner naissance à une partie épaisse, rebondie et souvent colorée, que nous appelons communément le fruit et qui contient les graines (et donc les fameux embryons). Certains de ces fruits sont très riches en nutriments, vitamines, minéraux, sucres qui sont utiles dans l’alimentation de nombreux animaux, y compris les humains. Ainsi cette saison est propice à la récolte de nombreux fruits sauvages intéressants pour la cuisine et certains remèdes. Les animaux, doués de mouvement, vont ingérer ces fameux fruits, bénéficier des apports nutritifs procurés, et rejeter plus loin dans leurs excréments les graines contenues dans les fruits. Les graines sont la plupart du temps protégées du système digestif par leur enveloppe, et arrivent intactes à la sortie. Moins charmant que la graine de pissenlit n’est-ce pas ?

Aigremoine eupatoire
Fruits d’aigremoine eupatoire

Le règne végétal « utilise » de nombreuses autres espèces qui peuvent se déplacer, et pallie ainsi à son immobilité. Dernièrement, ce sont les fruits d’aigremoine eupatoire qui m’ont employée lors d’une randonnée : les fruits accrochés à ma chaussette ont pu parcourir quelques kilomètres avec moi, avant que je ne les enlève.

Et ensuite?

Après cette vadrouille, les graines sont déposées dans un nouvel environnement, et vont entrer en dormance durant tout l’hiver. Au printemps, la « levée de dormance » permettra la germination et l’épanouissement d’un nouvel individu. Ces étapes toutes aussi intéressantes feront l’objet de futurs articles lorsque viendra le moment dit de la dormance et de sa levée!

Selon la stratégie sélectionnée, les fruits peuvent aussi être toxiques, pour se protéger et à l’inverse ne pas être consommés. Attention donc à l’identification et la sécurité, comme toujours. Vous pouvez lire à ce sujet cet article.

Il existe une multitude de mécanismes utilisés par les plantes pour parvenir à leurs fins malgré leur fixité. Ainsi l’évolution a permis des partenariats et des stratégies où la notion de vie en communauté et d’échanges de « services » est primordiale. Tout dépend de l’échelle à laquelle on observe tout cela…

Dormance : arrêt momentané du développement de la graine ou du bourgeon. Etat qui permet généralement à la plante de passer une période défavorable à sa croissance, souvent liée aux conditions environnementales.

Vortex : tourbillon creux au sein d’un fluide en écoulement.

Akène : fruit sec indéhiscent dont la graine n’est pas soudée au péricarpe (paroi du fruit).

Indéhiscent : fruit qui ne s’ouvre pas à maturité par un mécanisme propre.

Références :

A separated vortex ring underlies the flight of the dandelion. Cathal Cummins, Madeleine Seale, Alice Macent,  Daniele Certini, Enrico Mastropaolo, Ignazio Maria Viola & Naomi Nakayama. Nature volume 562, 414–418 (2018)

Dictionnaire de botanique, Bernard Boullard, éditions ellipses.

botanique
Actualités, Formation plantes sauvages comestibles

Nouvelle formation : identification/risques de confusion & cuisine sauvage

Cette session démarre la semaine du 9 novembre 2020 ! Comment cela se passe et en quoi cela consiste ?

La session de novembre 2020 est complète. Une nouvelle aura lieu en janvier 2021 🙂

Nous nous retrouvons une fois par semaine, pendant une heure en live, le tout pendant 5 semaines consécutives. Le déroulement d’une séance type se fera comme suit:

  • Dans une première partie, nous voyons en détails la structure et les caractéristiques fonctionnelles de la ou des plantes choisies. Nous faisons donc de la description botanique appliquée à la reconnaissance sur le terrain, et ciblée sur les risques de confusion.
  • La seconde partie de la séance est consacrée aux différentes utilisations possibles de ces plantes dans l’alimentation. Nous parlerons de leur contenu nutritionnel lorsque les données sont là, et brièvement de leurs principes actifs thérapeutiques.
  • Et enfin, d’une manière générale: j’aborderai la sécurité en cueillette:

1-la nôtre, avec un point sur les parasites/pollutions

2-la sécurité de l’environnement: comment minimiser notre impact sur le développement des plantes récoltées.

Valériane officinale
Valériane officinale

Cette session est donc orientée identification et risques de confusions, ainsi que cuisine sauvage. Nous ne développerons que très peu la partie médicinale, qui est vue spécifiquement dans la formation « Plantes sauvages – vertus et utilisations thérapeutiques » , et qui est en cours actuellement. Une nouvelle session de cette formation commencera en janvier 2021.

Quelles plantes ?

Celles qui sont tout près de nous, dans notre quotidien sans que l’on s’en rende compte. Je démarre la session avec des plantes que j’ai choisies, et vous pourrez ensuite fournir de votre côté quelques spécimens qui éveillent votre curiosité. Si vous trouvez une plante qui borde vos parcours quotidiens, vos trottoirs, ou vos sorties, nous pourrons en parler, voire j’en ferai un topo complet si elles présentent un intérêt culinaire. Voici une liste non exhaustive : amaranthes, chénopodes, galinsoga, pariétaire, ortie, mauves…

Le but est qu’à l’issue de cette session vous sachiez identifier une série de plantes qui se trouvent dans votre environnement proche, et les distinguer d’éventuelles ressemblances avec des espèces toxiques. Vous pourrez alors les inclure dans vos préparations.

Pour cela, je vous accompagne pendant ces 5 semaines. Nous ne serons pas plus de 8 par groupe, afin que tout le monde puisse intervenir facilement.

Le pratico-pratique:

Les créneaux sont le mercredi 18h-19h et le jeudi 12h15-13h15.

Il vous faut pour cette formation:

  • Une bonne connexion internet,
  • Un micro et une caméra fonctionnels,
  • L’application WhatsApp est recommandée, je créerai un groupe pour pouvoir échanger les photos de vos trouvailles et permettre des interactions rapides pendant ces 5 semaines.

Le tarif est de 95 euros par personne. Je fournis un pdf résumé chaque semaine. Je peux produire une attestation de suivi si nécessaire. Inscriptions et informations supplémentaires par mail à lechosauvage@gmail.com

J’organise des sorties régulièrement toute l’année, en fonction de la météo, du stade de développement des plantes et de ce qu’il m’est autorisé de faire selon les conditions sanitaires. Nous nous retrouverons donc très certainement dès que nous le pourrons pour passer des moments ensemble en nature.

A très bientôt, Mathilde.

bourrache laiteron fumeterre
Plantes sauvages "du bas de l'immeuble"

Plantes sauvages « du bas de l’immeuble »

Vous trouverez dans cette rubrique des renseignements sur les plantes qui s’épanouissent en ville, et notamment à Grenoble.

J’ai commencé cette série pendant le premier confinement de 2020. J’ai été restreinte, comme tout le monde, au périmètre d’un kilomètre carré autour de mon habitation. Et pour continuer à échanger avec vous, j’ai entrepris de répertorier et écrire quelques articles sur les plantes qui se trouvent toutes proches de nous. Ce travail n’est pas du tout exhaustif. Mais ce petit échantillon vous permet d’entrevoir la richesse et les nombreux intérêts de ce qui pousse à nos pieds 😉

Comme les agents d’entretien des espaces verts ont été absents eux aussi, nous avons pu observer la montée en fleurs de nombreuses plantes. Habituellement, ces végétaux sont fauchés avant leurs floraisons.

J’appelle « sauvages » les plantes non ornementales et non volontairement apportées par l’homme dans son milieu.

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Recette avec une plante sauvage : velouté de plantain lancéolé

Voici une des recettes dont nous avons parlé lors de l’émission « coin cuisine » sur France Bleu Isère, avec Michèle Caron et Claude Pernon.

Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) est mon petit préféré parmi les autres espèces de plantain qui s’épanouissent dans de nombreuses régions de France. Il est fin, souple et j’adore le goût qu’il apporte dans mes recettes. Retrouvez l’article le concernant ICI, il fait partie de la sélection « Plantes Sauvages du bas de l’immeuble ».

plantago lanceolata
Plantago lanceolata

On le trouve très communément, partout en France, et à quasiment toutes les saisons. Après l’avoir identifié à 200% ;-), et vérifié que l’endroit choisi n’est pas pollué, on commence la cueillette. On prélève seulement quelques jeunes feuilles par plant, pour permettre à la plante de poursuivre son cycle de croissance après notre passage.

De retour en cuisine, je prépare :

  • 2 à 3 belles pommes de terre : les peler et les découper grossièrement
  • un oignon émincé

Et je fais revenir le tout dans un fond de cocotte avec de l’huile d’olive, sel et poivre.

Une fois l’oignon devenu translucide et les dés de pomme de terre dorés, j’ajoute l’eau jusqu’à recouvrir les ingrédients. Enfin, j’additionne les feuilles de plantain, environ 400g, préalablement rincées et découpées pour faciliter le mixage. J’ajoute de l’eau si besoin, pour que toutes les feuilles de plantain soient immergées.

On porte à ébullition, pendant 15 à 20 minutes (tester la cuisson des pommes de terre en vérifiant leur fermeté avec une pointe de couteau). Puis mixer, et servir chaud!

C’est une recette très simple, rapide et basique, qui permet de bien sentir la saveur du plantain. On peut bien sûr l’agrémenter de nombreux autres légumes et l’enrichir avec des aromates.

Outre le goût de champignon, le plantain apporte cette texture « veloutée » à vos préparations, grâce à ses mucilages*. Cette plante sauvage regorge de richesses en termes de vitamines, minéraux et acides gras. Nous en parlons de manière plus approfondie lors de stages et sorties.

Retrouvez la seconde recette dont nous avons parlé lors de cette émission sur le blog de Coeur d’artichaut cuisinez sensible, créé par Claude Pernon.

Pour ré-écouter le podcast, c’est ! Merci à vous Michèle et Claude pour ce moment de partage!

Retrouvez les prochaines dates de sortie plantes sauvages dans la colonne de droite. Nous apprenons, entre autre, à identifier correctement les plantes comestibles.

*Mucilages : production végétale à base de glucides très divers susceptible de gonfler au contact de l’eau. Nous en avons parlé en abordant la mauve, dans cet article.

Petite ciguë, Aethusa cynapium
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Plantes sauvages et sécurité

Au vu des actualités, la cueillette sauvage et l’utilisation des plantes sont de plus en plus répandues. Parallèlement, le nombre d’accidents liés à cette pratique augmente, ce qui m’a poussée à m’exprimer sur le sujet et donner quelques préconisations qui me paraissent utiles.

Le monde des plantes peut être fascinant, pour celui ou celle qui s’y penche avec curiosité et soif de découvrir. C’est une mine d’inspiration certaine pour les poètes, une palette de parfums et saveurs pour les amoureux·ses de la cuisine, une source de connaissances intarissable pour les passionné·e·s de la nature, de la santé et de la biologie.

Un domaine fascinant, mais pas seulement

Mais il serait déraisonnable de ne parler que de ces aspects : certaines plantes sont mortelles. Le risque de confusion est omniprésent, à chaque récolte. Le résultat d’une erreur d’identification peut mener, dans le meilleur des cas, à une petite réaction bénigne, mais cela peut aussi conduire à des dommages irréversibles sur certains de nos organes, et dans le pire des cas, au décès.

Plusieurs étapes pour progresser

Le monde végétal est à approcher avec patience et humilité : une sortie accompagnée d’un·e professionnel·le, ou un livre ne suffiront pas, selon moi, à faire entrer dans notre cuisine ou notre salle de bain une nouvelle venue. Ces démarches sont nécessaires et participent au chemin vers l’autonomie, qui se fait par étapes. Il est essentiel de passer du temps à étudier, à douter, à se former de nouveau, à vérifier les critères d’identification déterminants plusieurs fois avant une quelconque utilisation.

Concrètement, voici mes habitudes : encore aujourd’hui, alors que j’étudie et pratique les plantes depuis plus de 15 ans, lorsque je rencontre une plante qui m’est inconnue, je la photographie, l’observe sous toutes ses coutures : a-t-elle des poils, des tâches ? Sa tige est-elle ronde ? Carrée ? Quelle est son odeur?

Recouper les sources

Petite ciguë ou ciguë des jardins
Petite ciguë (Aethusa cynapium) au jardin : feuilles de persil au premier plan, et ciguë au second plan (toxique mortelle).

J’ouvre systématiquement deux à trois livres pour recouper mes observations, ainsi qu’avec des sites-ressource : je vérifie les critères d’identification de la plante ET ceux des confusions possibles.

Si c’est une plante comestible, alors vient la phase de test pour la saveur, les doses et les manières de l’accommoder. Je commence toujours par une très petite quantité, car tous les goûts sont dans la nature, c’est le cas de le dire 😉

Ensuite seulement, la nouvelle plante prend sa place dans mes recettes ou soins. Concernant l’emploi en phytothérapie, les précautions à prendre sont encore plus grandes.

Il arrive qu’une année entière soit nécessaire afin de « connaître » une plante. J’ai besoin d’observer le végétal à chaque saison. Souvent, les feuilles d’une plante d’octobre n’ont rien à voir avec celles du mois de mai, en termes d’aspect, de goût, voire de toxicité.

De la patience donc, car j’estime que ce processus est incompressible.

Pour conclure, je retiendrai l’importance de mettre en place des automatismes de vérification lorsque l’on part en cueillette, même si l’on ne se considère pas comme novice. Et n’oublions pas que nous sommes seul·e·s responsables de ce que nous consommons.

Liste non exhaustive des ressources que j’utilise :

  • https://www.tela-botanica.org/ : très riche, en descriptions botaniques et clichés, vous y trouverez de nombreuses informations dont le statut de protection des plantes en fonction des zones géographiques.
  • http://abiris.snv.jussieu.fr/flore/herbier.php : un herbier virtuel avec des photos type « botanique » et professionnelles, idéales pour comparer avec un échantillon.
  • http://www.floretox.fr/ : assistance en ligne pour l’identification des plantes toxiques de France.
  • La flore de Jeanne Covillot : « Clé d’identification illustrée des plantes sauvages de nos régions »
  • Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, de François Couplan et Eva Styner.
  • Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, de Paul-Victor Fournier

J’offre aux personnes participant à mes ateliers/formations ou marche-conférences un suivi et je propose de vérifier leurs futures cueillettes des plantes détaillées ensemble.

En ce moment, les inscriptions à la formation « Plantes Sauvages » sont ouvertes, informations ICI.