Cynorrhodons, Rosa canina
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L’automne est là, avec ses multiples fruits sauvages et ses semences à distribuer

L’automne, c’est la fin du cycle des plantes, pour la grande majorité d’entre elles. Ces dernières ont fleuri pendant tout l’été, ont été pollinisées et leurs ovules fécondés pour donner des embryons contenus dans les graines. La suite de l’histoire, c’est la propagation de ces embryons dans leur environnement pour perpétuer l’espèce.

Comment les plantes s’y prennent-elles pour cette dissémination? Comment font-elles face à leur immobilité ? Avec l’aide de pas mal de monde!

En « surfant » avec le vent…

Akènes du pissenlit en vol

Certaines utilisent la force du vent, comme le pissenlit, bien connu pour cela : qui n’a pas soufflé sur un capitule de pissenlit en graines pour voir s’envoler les « mini parachutes » ? Très poétique, mais aussi très ingénieux.

Vortex généré par la graine de pissenlit. Nature 2018
Vortex généré par la graine de pissenlit.

Accrochée à son « parachute » appelé pappus, la graine de pissenlit peut parcourir au bas mot des dizaines de kilomètres. Une équipe de chercheurs (Nakayama et al., Nature 2018) a étudié en détail le fonctionnement de cette structure, et il s’avère que l’architecture du pappus permet la formation d’un vortex au-dessus de ce dernier. Ce qui va freiner la chute de la graine et permettre sa progression sur une longue distance.

… ou en covoiturage

Un peu moins poétique mais pas moins astucieux, il existe un second moyen de dissémination qui va nous impacter plus directement : le développement du fruit charnu.

Fruits aubépine
Fruits d’aubépine (cenelles)

Dans ce cas, les fleurs fécondées, vont donner naissance à une partie épaisse, rebondie et souvent colorée, que nous appelons communément le fruit et qui contient les graines (et donc les fameux embryons). Certains de ces fruits sont très riches en nutriments, vitamines, minéraux, sucres qui sont utiles dans l’alimentation de nombreux animaux, y compris les humains. Ainsi cette saison est propice à la récolte de nombreux fruits sauvages intéressants pour la cuisine et certains remèdes. Les animaux, doués de mouvement, vont ingérer ces fameux fruits, bénéficier des apports nutritifs procurés, et rejeter plus loin dans leurs excréments les graines contenues dans les fruits. Les graines sont la plupart du temps protégées du système digestif par leur enveloppe, et arrivent intactes à la sortie. Moins charmant que la graine de pissenlit n’est-ce pas ?

Aigremoine eupatoire
Fruits d’aigremoine eupatoire

Le règne végétal « utilise » de nombreuses autres espèces qui peuvent se déplacer, et pallie ainsi à son immobilité. Dernièrement, ce sont les fruits d’aigremoine eupatoire qui m’ont employée lors d’une randonnée : les fruits accrochés à ma chaussette ont pu parcourir quelques kilomètres avec moi, avant que je ne les enlève.

Et ensuite?

Après cette vadrouille, les graines sont déposées dans un nouvel environnement, et vont entrer en dormance durant tout l’hiver. Au printemps, la « levée de dormance » permettra la germination et l’épanouissement d’un nouvel individu. Ces étapes toutes aussi intéressantes feront l’objet de futurs articles lorsque viendra le moment dit de la dormance et de sa levée!

Selon la stratégie sélectionnée, les fruits peuvent aussi être toxiques, pour se protéger et à l’inverse ne pas être consommés. Attention donc à l’identification et la sécurité, comme toujours. Vous pouvez lire à ce sujet cet article.

Il existe une multitude de mécanismes utilisés par les plantes pour parvenir à leurs fins malgré leur fixité. Ainsi l’évolution a permis des partenariats et des stratégies où la notion de vie en communauté et d’échanges de « services » est primordiale. Tout dépend de l’échelle à laquelle on observe tout cela…

Dormance : arrêt momentané du développement de la graine ou du bourgeon. Etat qui permet généralement à la plante de passer une période défavorable à sa croissance, souvent liée aux conditions environnementales.

Vortex : tourbillon creux au sein d’un fluide en écoulement.

Akène : fruit sec indéhiscent dont la graine n’est pas soudée au péricarpe (paroi du fruit).

Indéhiscent : fruit qui ne s’ouvre pas à maturité par un mécanisme propre.

Références :

A separated vortex ring underlies the flight of the dandelion. Cathal Cummins, Madeleine Seale, Alice Macent,  Daniele Certini, Enrico Mastropaolo, Ignazio Maria Viola & Naomi Nakayama. Nature volume 562, 414–418 (2018)

Dictionnaire de botanique, Bernard Boullard, éditions ellipses.

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Recette avec une plante sauvage : velouté de plantain lancéolé

Voici une des recettes dont nous avons parlé lors de l’émission « coin cuisine » sur France Bleu Isère, avec Michèle Caron et Claude Pernon.

Le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) est mon petit préféré parmi les autres espèces de plantain qui s’épanouissent dans de nombreuses régions de France. Il est fin, souple et j’adore le goût qu’il apporte dans mes recettes. Retrouvez l’article le concernant ICI, il fait partie de la sélection « Plantes Sauvages du bas de l’immeuble ».

plantago lanceolata
Plantago lanceolata

On le trouve très communément, partout en France, et à quasiment toutes les saisons. Après l’avoir identifié à 200% ;-), et vérifié que l’endroit choisi n’est pas pollué, on commence la cueillette. On prélève seulement quelques jeunes feuilles par plant, pour permettre à la plante de poursuivre son cycle de croissance après notre passage.

De retour en cuisine, je prépare :

  • 2 à 3 belles pommes de terre : les peler et les découper grossièrement
  • un oignon émincé

Et je fais revenir le tout dans un fond de cocotte avec de l’huile d’olive, sel et poivre.

Une fois l’oignon devenu translucide et les dés de pomme de terre dorés, j’ajoute l’eau jusqu’à recouvrir les ingrédients. Enfin, j’additionne les feuilles de plantain, environ 400g, préalablement rincées et découpées pour faciliter le mixage. J’ajoute de l’eau si besoin, pour que toutes les feuilles de plantain soient immergées.

On porte à ébullition, pendant 15 à 20 minutes (tester la cuisson des pommes de terre en vérifiant leur fermeté avec une pointe de couteau). Puis mixer, et servir chaud!

C’est une recette très simple, rapide et basique, qui permet de bien sentir la saveur du plantain. On peut bien sûr l’agrémenter de nombreux autres légumes et l’enrichir avec des aromates.

Outre le goût de champignon, le plantain apporte cette texture « veloutée » à vos préparations, grâce à ses mucilages*. Cette plante sauvage regorge de richesses en termes de vitamines, minéraux et acides gras. Nous en parlons de manière plus approfondie lors de stages et sorties.

Retrouvez la seconde recette dont nous avons parlé lors de cette émission sur le blog de Coeur d’artichaut cuisinez sensible, créé par Claude Pernon.

Pour ré-écouter le podcast, c’est ! Merci à vous Michèle et Claude pour ce moment de partage!

Retrouvez les prochaines dates de sortie plantes sauvages dans la colonne de droite. Nous apprenons, entre autre, à identifier correctement les plantes comestibles.

*Mucilages : production végétale à base de glucides très divers susceptible de gonfler au contact de l’eau. Nous en avons parlé en abordant la mauve, dans cet article.

Petite ciguë, Aethusa cynapium
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Plantes sauvages et sécurité

Au vu des actualités, la cueillette sauvage et l’utilisation des plantes sont de plus en plus répandues. Parallèlement, le nombre d’accidents liés à cette pratique augmente, ce qui m’a poussée à m’exprimer sur le sujet et donner quelques préconisations qui me paraissent utiles.

Le monde des plantes peut être fascinant, pour celui ou celle qui s’y penche avec curiosité et soif de découvrir. C’est une mine d’inspiration certaine pour les poètes, une palette de parfums et saveurs pour les amoureux·ses de la cuisine, une source de connaissances intarissable pour les passionné·e·s de la nature, de la santé et de la biologie.

Un domaine fascinant, mais pas seulement

Mais il serait déraisonnable de ne parler que de ces aspects : certaines plantes sont mortelles. Le risque de confusion est omniprésent, à chaque récolte. Le résultat d’une erreur d’identification peut mener, dans le meilleur des cas, à une petite réaction bénigne, mais cela peut aussi conduire à des dommages irréversibles sur certains de nos organes, et dans le pire des cas, au décès.

Plusieurs étapes pour progresser

Le monde végétal est à approcher avec patience et humilité : une sortie accompagnée d’un·e professionnel·le, ou un livre ne suffiront pas, selon moi, à faire entrer dans notre cuisine ou notre salle de bain une nouvelle venue. Ces démarches sont nécessaires et participent au chemin vers l’autonomie, qui se fait par étapes. Il est essentiel de passer du temps à étudier, à douter, à se former de nouveau, à vérifier les critères d’identification déterminants plusieurs fois avant une quelconque utilisation.

Concrètement, voici mes habitudes : encore aujourd’hui, alors que j’étudie et pratique les plantes depuis plus de 15 ans, lorsque je rencontre une plante qui m’est inconnue, je la photographie, l’observe sous toutes ses coutures : a-t-elle des poils, des tâches ? Sa tige est-elle ronde ? Carrée ? Quelle est son odeur?

Recouper les sources

Petite ciguë ou ciguë des jardins
Petite ciguë (Aethusa cynapium) au jardin : feuilles de persil au premier plan, et ciguë au second plan (toxique mortelle).

J’ouvre systématiquement deux à trois livres pour recouper mes observations, ainsi qu’avec des sites-ressource : je vérifie les critères d’identification de la plante ET ceux des confusions possibles.

Si c’est une plante comestible, alors vient la phase de test pour la saveur, les doses et les manières de l’accommoder. Je commence toujours par une très petite quantité, car tous les goûts sont dans la nature, c’est le cas de le dire 😉

Ensuite seulement, la nouvelle plante prend sa place dans mes recettes ou soins. Concernant l’emploi en phytothérapie, les précautions à prendre sont encore plus grandes.

Il arrive qu’une année entière soit nécessaire afin de « connaître » une plante. J’ai besoin d’observer le végétal à chaque saison. Souvent, les feuilles d’une plante d’octobre n’ont rien à voir avec celles du mois de mai, en termes d’aspect, de goût, voire de toxicité.

De la patience donc, car j’estime que ce processus est incompressible.

Pour conclure, je retiendrai l’importance de mettre en place des automatismes de vérification lorsque l’on part en cueillette, même si l’on ne se considère pas comme novice. Et n’oublions pas que nous sommes seul·e·s responsables de ce que nous consommons.

Liste non exhaustive des ressources que j’utilise :

  • https://www.tela-botanica.org/ : très riche, en descriptions botaniques et clichés, vous y trouverez de nombreuses informations dont le statut de protection des plantes en fonction des zones géographiques.
  • http://abiris.snv.jussieu.fr/flore/herbier.php : un herbier virtuel avec des photos type « botanique » et professionnelles, idéales pour comparer avec un échantillon.
  • http://www.floretox.fr/ : assistance en ligne pour l’identification des plantes toxiques de France.
  • La flore de Jeanne Covillot : « Clé d’identification illustrée des plantes sauvages de nos régions »
  • Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, de François Couplan et Eva Styner.
  • Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, de Paul-Victor Fournier

J’offre aux personnes participant à mes ateliers/formations ou marche-conférences un suivi et je propose de vérifier leurs futures cueillettes des plantes détaillées ensemble.

En ce moment, les inscriptions à la formation « Plantes Sauvages » sont ouvertes, informations ICI.

Biodiversité
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Ouverture des inscriptions à la formation plantes sauvages de septembre 2020 à Grenoble!

Cette année, les modalités de la formation plantes sauvages changent un peu, en raison de la situation sanitaire instable.

Cette formation se déroule en présentiel en extérieur ET en visioconférence en direct. La théorie et les mécanismes de biologie abordés sont vus en visio, à l’aide de schémas appropriés, et en direct pour que l’on puisse communiquer ensemble au fur et à mesure. Les séances extérieures nous permettent d’interagir de manière plus conviviale, de voir les plantes, de les toucher et les sentir, et de valider certaines identifications.

Cette formation se veut pédagogique, claire et avec des échanges de qualité, c’est pourquoi je ne constitue pas de groupe supérieur à 10 personnes. Les séances en extérieur s’effectuent à Grenoble ou en périphérie très proche, accessible en vélo et/ou transport en commun.

Liste non exhaustive des plantes sauvages vues : achillée millefeuille, pissenlit, fumeterre, bruyère, prêle des champs, mélisse, reine des prés…

Contenu : les plantes sont abordées de manière descriptive dans un premier temps (botanique pratique), puis nous passons du temps sur leurs principes actifs majeurs. Nous étudions en détail les tanins, mucilages, alcaloïdes… etc, afin que ces notions n’aient plus de secret pour vous. Nous approfondissons le mode d’action de ces composants sur notre corps, avec des exemples concrets. Nous parlons des différentes formes d’utilisation possibles pour chacune des plantes vues : infusion ou décoction? Quelle quantité? Quelle durée? Lorsque la plante est comestible, nous voyons comment la déguster. Certaines plantes de ce module sont utilisées seulement en phytothérapie. Une séance est dédiée aux parasites et à la sécurité lors de vos cueillettes, ainsi qu’au séchage des plantes.

Programme : 5 heures de théorie en visio et en direct, 4 séances en extérieur. Un support pdf résumé est fourni après chaque séance par mail.

Détails du planning : les séances se déroulent les mardis, sauf la dernière qui aura lieu le lundi 16 novembre.

-séance 1 : en extérieur le 22 septembre de 18h à 19h

-séance 2 : visio 18h45-19h45, 29 septembre

-séance 3 : en extérieur le 6 octobre de 12h30 – 13h30

-séance 4 : visio 18h-19h, 13 octobre

-Séance 5 : visio 18h-19h, 20 octobre (séance visio maintenue pendant les vacances de la Toussaint)

-séance 6 : visio 18h-19h, 27 octobre (séance visio maintenue pendant les vacances de la Toussaint)

-séance 7 : en extérieur 12h30-13h30,  3 novembre

-séance 8 : visio 18h-19h, 10 novembre

-séance 9 : en extérieur 12h30 – 13h30, 16 novembre

  • Conditions d’inscriptions :

Le tarif est de 180 euros par personne, possibilité de payer en plusieurs fois. L’inscription est validée à la réception d’un chèque d’arrhes de 50 euros, à l’ordre de Mathilde Simon Auxime, à adresser au 2 rue Barral de Montferrat, 38100 Grenoble. Il n’y aura pas de remboursement possible suite à une annulation de votre part, un échange avec une autre formation restera envisageable dans la limite des places disponibles. Si l’annulation est de mon ressort, vous serez intégralement remboursé(e)s. Le nombre de places est limité à 10. S’il devient impossible de se rassembler en extérieur, les séances seront maintenues en visio.

Une attestation de suivi pourra être remise en fin de formation.

Je suis à votre disposition par téléphone et mail : 06 13 41 89 77 et/ou lechosauvage@gmail.com

Achillea millefolium
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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°11 : l’achillée millefeuille.

Achillée millefeuille prête pour le séchage

Celle-ci est très commune, de la ville à la montagne, et elle est en fleurs en ce moment. Particulière par l’agencement de son inflorescence, comestible et fameuse pour ses propriétés médicinales. Ces dernières sont d’ailleurs reconnues par l’agence européenne EMA, entre autres autorités réglementaires.

Il s’agit de l’Achillée millefeuille, Achillea millefolium. Une plante à connaître lorsque l’on s’intéresse aux médicinales. « Achillée » vient de Achille, personnage de la mythologie grecque, dont la légende dit qu’il aurait utilisé cette plante pour soigner les plaies de ses soldtats pendant la guerre de Troie. Ses vertus médicinales ont été étudiées et reconnues par la suite, et on l’emploie aujourd’hui pour son action sur la sphère de la circulation sanguine. Elle a, entre autres, de nombreuses applications autour du cycle menstruel chez la femme. Les différentes formes utilisées et les mécanismes d’action sont vus en détails dans la formation plantes sauvages.

C’est une plante de la famille des Asteracées, dont la silhouette, de loin, ressemble plutôt à la famille des Apiacées. Pour s’assurer de son affiliation aux Asteracées et non aux Apiacées, on observe la structure de l’inflorescence : les tiges qui portent les fleurs (pédoncules), partent à des niveaux différents de la tige principale.

Les Apiacées, au contraire, ont leurs pédoncules (tiges portant les fleurs) qui partent d’un unique point, donnant l’allure des baleines d’un parapluie retourné par le vent :

Inflorescence en ombelle
Inflorescence en ombelle,
caractéristique des Apiacées

L’insertion en ombelle est caractéristique de la famille des Apiacées (anciennement ombellifères). Il est très utile de savoir « ranger » les plantes dans cette famille botanique car elle rassemble des plantes à la fois très intéressantes sur le plan culinaire et médicinal (carotte, fenouil, cerfeuil, berce…), mais aussi des espèces dont la consommation est mortelle (grande et petite cigüe par exemple). En sachant reconnaître cette disposition des fleurs dans l’inflorescence, vous saurez si votre plante est ou non dans cette famille.

Revenons en donc à notre Achillée, que vous ne confondrez plus avec une Apiacée ;-). Son inflorescence est en fait encore plus subtile, mais nous détaillerons cela au cours d’un autre article. Elle est aussi comestible. L’achillée est aromatique et amère, et est intéressante pour relever certains plats. Elle est très riche en fer, manganèse, potassium, calcium, dont les valeurs contenues dans 100g de plante sèche recouvrent plus de 100% de la Référence Nutritionnelle pour la Population. Ne vous en privez donc pas, en ajoutant de temps en temps tout simplement quelques feuilles à votre salade!

Sources :

Chroniques végétales, Le blob, l’extra-média.

https://www.cerin.org/rapports/reference-nutritionnelle-population-intervalle-de-reference-apport-satisfaisant/

-Alberski, J., Grzegorczyk, S., Kozikowski, A. & Olszewska, M. Habitat occurrence and nutrition value of Achillea millefolium L. in grasslands. J. Elementology 14, 2009.

plantago lanceolata
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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°10 : le plantain lancéolé.

Celle-ci est connue de toutes et tous, au moins par son nom : le plantain. Le plantain lancéolé est une des « basiques » que j’apprécie particulièrement, avec l’ortie et le pissenlit. Je mélange habituellement le plantain lancéolé au potage avec les orties. Une base de pommes de terre, oignons et carottes revenu(e)s dans de l’huile d’olive, et quelques épices, le tout à dorer. Ensuite, j’ajoute l’eau, puis le plantain et les orties. Il en résulte une soupe onctueuse, légère, pleine de vitamines et minéraux, au délicieux goût de champignons. Les feuilles sont plus tendres jeunes, au printemps.

Plantago lanceolata
Inflorescences de Plantago lanceolata

Il existe de nombreux plantains différents en France, ils appartiennent à la famille des Plantaginacées. Aujourd’hui je parle du plantain lancéolé (plantago lanceolata) car, selon moi, c’est le plus intéressant au goût, et il possède aussi des propriétés médicinales importantes. Son nom lui vient de la forme de ses feuilles, qui ressemblent à une lance. La feuille présente des nervures parallèles, qui lui valent son nom commun d' »herbe à 5 côtes ». Des hampes florales partent du centre de la plante, et permettent d’élancer les épis de fleurs vers le ciel (et les pollinisateurs). La partie visible lors de la floraison sont les étamines blanchâtres. (étamines : partie mâle de la fleur, responsable de la production de pollen).

On utilise donc ses feuilles, cuites ou crues, les inflorescences et les graines sont comestibles aussi. Il existe de nombreuses manières de le déguster. En pesto, en salade, à la poêle, en potage… Il contient des minéraux comme le manganèse, magnésium, cuivre, et des vitamines (pro-A, B2 B3, C, E, K).

plantago lanceolata
Plantago lanceolata

Pour la partie médicinale, le plantain lancéolé est inscrit à la pharmacopée européenne, comme la mauve sylvestre que nous avons vue précédemment. Ses propriétés anti-inflammatoires ne sont plus à démontrer : à la fois par une voie mécanique via les mucilages, qui agissent par contact, et aussi par une voie biochimique en agissant sur la réponse inflammatoire. Il est aussi intéressant pour son activité anti-allergique et antiseptique. On peut l’utiliser selon le besoin, en alcoolature, macération huileuse, cataplasme…

En résumé, une plante commune, facile à trouver et à utiliser, dont il serait dommage de se priver!

Sources :

-Guide nutritionnel des plantes sauvages et cultivées, François Couplan, Broché, 2011

https://www.ema.europa.eu/en/documents/herbal-report/final-assessment-report-plantago-lanceolata-l-folium_en.pdf

-Guil-Guerrero, J. L. (2001). Nutritional composition of Plantago species (P. major L., P. lanceolata L., and P. media L.). Ecology of food and nutrition, 40(5), 481-495.

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier, Omnibus

https://www.tela-botanica.org/bdtfx-nn-49948-synthese

Nazarizadeh, A., Mikaili, P., Moloudizargari, M., Aghajanshakeri, S., & Javaherypour, S. (2013). Therapeutic uses and pharmacological properties of Plantago major L. and its active constituents. J Basic Appl Sci Res, 3(9), 212-221.

Borago officinalis
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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°9! C’est bel et bien de la bourrache.

Abeille sur bourrache, Photo de O. Du Suau

Un peu plus de délai sépare cet article depuis le dernier en date, la préparation des sorties m’occupe bien en ce moment 😉

Mais la voici, la magnifique étoilée n°9 ! Connue pour le goût iodé de ses fleurs et l’utilisation de son huile en cosmétique et soin de la peau.

Elle appartient à la famille des boraginacées, comme le myosotis et la consoude. Un des caractères communs de cette famille est l’inflorescence dite scorpioïde, c’est à dire que la disposition des fleurs ressemble à la queue du scorpion :

La bourrache est comestible mais en petite quantité, les fleurs se mangent cruent, et ont un goût iodé, elle est parfois appelée « huître végétale ». Les feuilles se consomment cuitent. La plante contient des alcaloïdes qui peuvent êtres toxiques pour le foie.

La bourrache, Borago officinalis, est plutôt reconnue et utilisée aujourd’hui pour son huile, obtenue à partir des graines. Ces semences contiennent des acides gras essentiels (non synthétisés par notre organisme, et qui doivent donc êtres apportés par l’extérieur) et des anti-oxydants, notamment.

Si vous observez de près la bourrache, vous pourrez apercevoir que les abeilles ne sont pas les seules à cohabiter avec cette plante mellifère, mais que les fourmis sont aussi de la partie. Les fourmis raffolent des graines de bourrache, et viennent les chercher et les transportent jusqu’à leur fourmilère. Ce mode de diffusion spécifique qui fait intervenir les fourmis pour disperser les graines est appelé myrmécochorie.

Fourmis et bourrache
Fourmis et bourrache

Sources :

-La Bourrache, une étoile au jardin de Bernard Bertrand

-Université Pierre et Marie Curie : http://abiris.snv.jussieu.fr/flore/herbier.php

-Les huiles végétales, de Chantal et Lionel Clergeaud

Gaillet commun, Galium mollugo
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Reprise des sorties :-)

Bonne nouvelle!

A partir de lundi 11 mai, les sorties reprennent. Je ne fais que des petits groupes, avec 8 personnes maximum, et 4 personnes minimum. Le port du masque est recommandé pour venir à mes sorties.

Nous aborderons les plantes sauvages qui jonchent la marche : comestibles et/ou médicinales, toxiques et autres. Je ne traite pas les ornementales.

Lien vers la page descriptive des sorties : ici

Les dates à venir pour la Bastille :

  • 29 juillet de 18h00 à 20h00

Sur le campus :

  • 25 juin 18h00 à 20h00
  • 7 juillet 18h00 à 20h00

Des dates et/ou horaires seront ajoutées en fonction des demandes.

Inscriptions obligatoires à lechosauvage@gmail.com.

Tarif : 20E par personne.

Départ devant la casemate pour les sorties Bastille; pour le campus lieu de rendez-vous au niveau de l’arboretum Robert Ruffier-Lanche.

Des sorties en Chartreuse, départ au Sappey, sont également prévues, en juin et en juillet. Ces sorties sont ouvertes à 8 personnes, il y a plus d’espace et moins de monde qu’à la Bastille ou sur le campus. 30E les 3 heures. Cueillette possible.

  • 18 juillet 9h-12h
  • 19 juillet 9h-12h
  • 21 août 9h-12h
  • Informations supplémentaires ici.

Annulation/report si orage et forte pluie. N’hésitez pas à noter mon numéro si besoin : 06 13 41 89 77.

J’ai hâte de vous retrouver et de partager avec vous ! Je suis à votre disposition pour les questions !

Crédits photo : Olivier Du Suau

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Plantes sauvages « du bas de l’immeuble » n°8 : La nielle des blés

J’ai été très surprise de la voir celle-ci!! Toujours dans le même secteur de un kilomètre carré, en plein Grenoble. C’est une espèce rare, en régression à l’échelle nationale et protégée par des arrêtés dans certaines régions (Limousin, Alsace) depuis les années 90 en France. Il y a une raison bien particulière à sa raréfaction, et nous allons en parler.

Nielle des blés, Agrostemma githago

Il s’agit de la Nielle des blés, Agrostemma githago. C’est une plante messicole, dont l’étymologie latine signifie « qui habite les moissons ». Plus précisément, les messicoles sont des adventices des moissons, c’est-à-dire qu’elles poussent dans des cultures sans y avoir été semées. Le développement de ces plantes dépend partiellement ou totalement des pratiques agricoles, elles ne s’épanouissent que difficilement (ou pas du tout) en dehors des champs de céréales. Les messicoles sont souvent des indésirables et c’est le cas particulier de la nielle, car ses semences sont toxiques et contaminent les grains récoltés. Les cas d’empoisonnement avec du pain fait de farine contenant des grains de nielle remontent aux années 1800.

Les pratiques agricoles actuelles tendent à se débarrasser des messicoles, pour des questions de rendement notamment : les pesticides, le tri des semences, la modification du travail du sol permettent d’obtenir un champ sans adventice. La plupart des messicoles sont donc devenues rares par définition. Voici quelques exemples de messicoles : le bleuet (Centaurea cyanus), le coquelicot (Papaver rhoeas), les adonis (Adonis microcarpa). Le cas de la nielle est particulier puisque sa présence rend les récoltes impropres à la consommation. Cette situation n’est pas générale, et il existe de nombreux intérêts à préserver les messicoles. Ces dernières peuvent êtres bénéfiques pour la production de céréales. Par exemple, dans le cas de pratiques de cultures agroécologiques, les messicoles peuvent êtres un appui aux auxiliaires, et peuvent participer au « service » de pollinisation de manière indirecte.

Auxiliaires : organismes vivants introduits dans des cultures contaminées par d’autres organismes dont ils sont des prédateurs naturels. Ces auxiliaires de culture sont lâchés par l’homme pour débarrasser les plantes des indésirables, mais aussi pour polliniser les fleurs ou améliorer les sols. Cette pratique est appelée « lutte intégrée »ou « lutte biologique ».

Pour aller plus loin :

https://messicoles.org/wakka.php?wiki=AcCueil et osaé, plateforme d’échanges pour la mise en pratique d’agroécologie.

Crédit photos : O. Du Suau

Sources :

-Dictionnaire de botnaique, Bernard Boullard

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier

Tela Botanica

Osaé : plateforme d’échanges pour la mise en pratique d’agroécologie.

https://dicoagroecologie.fr/encyclopedie/auxiliaires-des-cultures/

Mauve sylvestre, mauve sauvage
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Plantes Sauvages du « bas de l’immeuble » n°7 : la mauve sylvestre

Nombreuses étamines soudées autour du style (« plumeau »)
Crédit photo : O. Du Suau

C’est au tour de la mauve sylvestre, (mauve des bois ou encore mauve sauvage), Malva sylvestris, d’être mise en avant! Une plante que j’affectionne particulièrement pour sa douceur, notamment. La mauve appartient à la famille des Malvaceae, qui regroupe entre autres les hibiscus et la guimauve. Vous verrez en vous penchant sur la structure de la fleur de nombreuses similitudes entre ces dernières. Par exemple, les étamines en « plumeau » au centre de la fleur.

  • Etamine : partie mâle de la fleur, responsable de la production de pollen
  • Style : partie qui relie les ovaires au stigmate.
  • Stigmate : extrémité du pistil qui recueille le pollen.
Schéma représentant anatomie de la fleur
Coupe schématique d’une fleur
Fruits de Malva sylvestris : fromageons
Fruits de Malva sylvestris : fromageons

La mauve est entièrement comestible. Elle a été cultivée comme potagère du temps de Cicéron, et on retrouve tout au long de l’histoire des utilisations diverses et variées en phytothérapie. J’utilise personnellement les feuilles pour épaissir certains potages : elle a un effet similaire à la courgette en terme de texture dans cette préparation. Les fleurs peuvent êtres décoratrices, et les petits fruits appelés fromageons peuvent êtres mangés tels quels ou ajoutés à des recettes plus élaborées.

Feuilles Malva sylvestris
Feuilles de Malva sylvestris

En phytothérapie : aujourd’hui, on sait que c’est grâce à sa teneur en mucilages que la mauve agit sur les muqueuses. Les feuilles et les fleurs ont les mêmes utilisations et indications, ces deux parties ont chacune une monographie à la commission E, et à la pharmacopée européenne. Les fleurs entrent dans la composition de tisanes qui apaisent les muqueuses de la gorge, par exemple. La mauve peut être intéressante dans de nombreuses affections des muqueuses du système digestif. Nous voyons ces utilisations précises en formation.

Mucilages : production végétale à base de glucides très divers susceptible de gonfler au contact de l’eau.

Crédit photo : O. Du Suau

Sources :

-Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, Paul-Victor Fournier.

-Monographie de la Comission E : https://buecher.heilpflanzen-welt.de/BGA-Commission-E-Monographs/0241.htm

-Monographie de la Comission E : https://buecher.heilpflanzen-welt.de/BGA-Commission-E-Monographs/0240.htm

-Dictionnaire de Botanique de Bernard Boullard